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Les sources de la croissance économique

Cette ressource reprend les éléments à connaître sur le premier chapitre d'économie du programme de terminale ES

Les sources de la croissance économique

 

 

Plan:

Introduction 

I- L’accumulation du capital

A- L’accumulation du capital physique

B- L’accumulation de capital humain

II- L’amélioration de l’efficacité économique

A- La Division du travail et l’intégration économique

B- Rôle des entrepreneurs et des institutions

III- Le progrès technique

A- Le processus d’innovation et la destruction créatrice

B- Le progrès technique endogène

Conclusion



Introduction

La croissance économique est un phénomène relativement récent dans l’histoire humaine. Ce n’est que depuis la révolution industrielle anglaise du XVIIIème siècle, que certaines nations, à commencer par les pays d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord, ont connu une élévation progressive et durable de leur niveau de production de biens et de services.

Une part de la croissance économique de ces deux derniers siècles s’explique par l’augmentation sans précédent du nombre de travailleurs (croissance de la main d’œuvre masculine au XIXème siècle, croissance de la main d’œuvre féminine au XXème). En Europe par exemple, l’augmentation de la population active au XIXème siècle a permis à l’industrie de trouver une main d’œuvre bon marché, sans trop concurrencer le secteur agricole. Il est à noter que la croissance économique a elle-même renforcé la croissance démographique en améliorant l’alimentation et l’accès aux soins médicaux notamment.

Mais la croissance démographique ne suffit pas, comme le montre l’exemple des économies africaines depuis les années 1970. La croissance économique résulte en effet avant tout de l’augmentation de la productivité, c’est-à-dire de la quantité de richesse créée en moyenne dans une économie, mesurée par le PIB par tête. En 2000, la France a produit 14 fois plus de richesse réelle que la France de 1900, parce que la population active a augmenté d’un tiers entre ces deux dates, mais surtout parce que le PIB par tête a été multiplié par 10 !

On peut distinguer trois sources principales de la croissance d’une économie : l’accumulation de capital, le progrès technique et l’amélioration de l’efficacité productive.



I- L’accumulation du capital


A- L’accumulation du capital physique

La hausse de la productivité sera durable est forte si les travailleurs disposent d’une quantité croissante d’outils, d’équipements, c'est-à-dire si l’intensité capitalistique augmente. Les usines chinoises ont par exemple augmenté fortement leur productivité dans les années 2000 grâce aux investissements occidentaux (usines plus performantes, utilisation d’outils informatiques). Pour qu’une économie puisse croitre à long terme, l’accumulation de capital est indispensable. Ceci implique de réinvestir chaque année une part des ressources produites, au lieu de tout consommer. 22% du PIB français et 42% du PIB chinois sont réinvestis chaque année. Le taux d’investissement est déterminé par l’épargne disponible, mais aussi par la profitabilité des investissements (plus élevée en Chine qu’en France).


B- L’accumulation de capital humain

Toutefois l’accumulation du capital n’est productive que si les salariés sont formés pour s’adapter à son utilisation. Un travailleur analphabète ne serait pas plus productif si on lui fournissait un ordinateur ! L’éducation est considérée en économie comme un investissement en capital humain, qui permet d’augmenter la productivité, mais qui implique un coût: passer une année supplémentaire à l’université au lieu de travailler, former le personnel par un programme au sein de l’entreprise. L’investissement en capital humain permet d’expliquer jusqu’à 25% de la croissance économique d’un pays, ce qui explique que l’éducation soit le premier poste de dépense publique des pays de l’OCDE. Le capital humain permet en quelque sorte d’augmenter la qualité du travail.



II- L’amélioration de l’efficacité économique

 

A- La Division du travail et l’intégration économique

La croissance économique est liée à l’augmentation de la quantité et de la qualité des facteurs de production. Encore faut-il qu’ils soient utilisés de manière efficace. La croissance économique correspond à l’amélioration de l’utilisation de ces facteurs, liée, comme l’a montré Adam Smith, à la spécialisation croissante des acteurs économiques. La croissance économique provient selon lui de la spécialisation de chacun dans ce qu’il sait faire le mieux. Au lieu de tout produire par soi même en autarcie (nourriture, habits, moyens de transport…), un individu, une entreprise, une région doit plutôt se spécialiser dans quelques produits et acheter les autres produits sur le marché. La différentiation et le commerce entre régions et entre pays a pour conséquence une plus grande efficacité économique.


B- Rôle des entrepreneurs et des institutions

Les facteurs de production (capital et travail) sont achetés et vendus par les entreprises. Les entreprises réalisant le plus de profit peuvent rémunérer plus cher les facteurs de production, et donc les attirer vers elles. C’est le processus dynamique de réallocation des facteurs, qui s’opère de manière décentralisée dans une économie intégrée, par la volonté des entrepreneurs de maximiser le profit. Toutefois ce système économique ne peut fonctionner qu’en présence d’un état capable d’assurer le respect des droits de propriété, et de fournir des institutions publiques que le marché seul peine à produire : infrastructures de transport et de communication, justice, sécurité.



III- Le progrès technique

 

A- Le processus d’innovation et la destruction créatrice

Depuis la révolution industrielle, les innovations ont une place centrale dans l’élévation de la productivité. Elles apparaissent de façon aléatoire et irrégulière, comme par exemple les machines à vapeur à la fin du XVIIIème siècle, l’électrité au début du XXème, l’informatique depuis les années 1970. Les innovations sont l’application d’une invention scientifique dans la sphère de la production. L’économiste Joseph Schumpeter leur attribue un rôle central pour la croissance économique, et parle de « destruction créatrice » : les innovations rendent obsolètes certains modes de production, certaines activités, tout en utilisant les facteurs de production de manière beaucoup plus efficace, parce qu’elles permettent de baisser les coûts de production, ou qu’elles font gagner du temps.


B- Le progrès technique endogène

Même si le progrès technique est en partie imprévisible, il est déterminé aussi par les stratégies des entreprises et des pouvoirs publics. La théorie dite de la « croissance endogène » attribue à la recherche et développement (R&D) un rôle central dans le processus cumulatif de l’innovation. Les pays les plus innovants (Suède, Corée, Japon, Etats-Unis) sont ceux où les entreprises dépensent le plus dans la recherche appliquée. Ces pays sont aussi ceux dans lesquels l’Etat investit le plus dans l’enseignement supérieur, et dans la recherche fondamentale et promeut le plus la recherche privée par une fiscalité incitative.



Conclusion

La croissance économique est un phénomène multiforme. L’innovation et le capital humain semblent toutefois être la clé de la croissance dans les pays riches, alors que les pays pauvres misent sur l’augmentation de l’efficacité et l’accumulation du capital pour combler une partie de leur retard.

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Sciences Economiques et Sociales
Sciences Economiques et Sociales,
14-05-2012
Les sources de la croissance ...
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